Le 1er septembre à Abuja, le ministère fédéral de l'Environnement du Nigéria a lancé « Securing Nigeria's Forest Future » (SNFF, « Assurer l'avenir des forêts du Nigéria »), un plan décennal aux objectifs ambitieux. Il vise à restaurer 2 millions d'hectares de forêts dégradées, à réduire la déforestation de 20 %, à créer 1,5 million d'emplois verts et à renforcer la résilience climatique de plus de 5 millions de personnes. Le lancement a été soutenu par le Seed Fund, un mécanisme de financement stratégique pour les forêts, la nature et l'action climatique, hébergé par Conservation International.
Le SNFF est le Paquet pays du Nigéria, une feuille de route pour sauver ses forêts. Ce plan, piloté par le gouvernement, aligne la foresterie, l'agriculture et les finances autour d'une stratégie commune. Il a été élaboré avec l'appui d'une coalition internationale, le Partenariat des dirigeants pour les forêts et le climat (Forest and Climate Leaders' Partnership).
Le lancement du SNFF intervient à un moment crucial pour les forêts du Nigéria, essentielles à la stabilité environnementale et économique du pays à long terme. Elles sont pourtant de plus en plus menacées par le défrichement lié à l'agriculture et à l'urbanisation, l'exploitation forestière illégale et la surexploitation pour répondre aux besoins énergétiques locaux. Le long de la côte, environ un million d'hectares de mangroves, soit près de 6 % du total mondial, aident à prévenir l'érosion côtière, soutiennent les pêcheries régionales et stockent d'importantes quantités de carbone. À l'intérieur des terres, les forêts font vivre une grande partie de la population nigériane. Elles abritent en outre une grande diversité d'espèces, dont le gorille de la rivière Cross, en danger critique d'extinction.
Le SNFF s'attaque aux menaces qui pèsent sur les forêts et la biodiversité, et exploite le potentiel des forêts nigérianes au service d'un développement économique fondé sur la nature et de la restauration des écosystèmes. Pour faire avancer cet agenda, plus de 150 représentants des gouvernements fédéral et des États, des partenaires du développement, du monde universitaire, du secteur privé et de la société civile se sont réunis à l'occasion du lancement. Les participants ont convenu que l'atteinte des objectifs du SNFF exige une forte coordination entre les secteurs et avec les gouvernements des États, ainsi qu'un suivi transparent.
Surtout, le lancement a mis l'accent sur l'importance de passer de la planification à l'action. Dans son discours d'ouverture, le ministre de l'Environnement, Balarabe Abbas Lawal, a souligné que le SNFF doit être bien plus qu'un document qui prend la poussière sur une étagère. Le Seed Fund répond à ce besoin en apportant un financement catalytique et une assistance technique pour aider les pays à passer des engagements à la mise en œuvre.
Pour créer une dynamique en faveur d'investissements plus larges dans le SNFF, le Seed Fund lancera un programme de petites subventions conçu conjointement avec le Département fédéral des forêts. Ce programme vise à renforcer la gestion d'écosystèmes essentiels et à soutenir la gestion communautaire des ressources naturelles.

